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BRODSKY LDDP LIVRE PETIT    

Vingt sonnets à Marie Stuart
Joseph Brodsky

Février 2014
Postface d'André Markowicz

LE-PLANCHER LDDP LIVRE




Le Plancher

Perrine Le Querrec
avril 2013

Graver la folie

 

 

DACHAU-Arbamafra LDDP LIVRE-PNG

Dachau Arbamafra

Le Golvan

mars 2012

Reconquérir Dachau
  isabelle-a-m-en-disloquer-esnault


Isabelle, à m'en disloquer

Christophe Esnault
avril 2011

Solian mon amour

Balzac-revient-Livre

 



Balzac revient

Kol Osher

novembre 2010

Va pachyderme !  
  margeoccupee LIVRE


Marge occupée

Jean-Charles Lévy
avril 2010

Panique et pique-nique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BLOG DES ÉDITIONS

Dimanche 21 septembre 2014 7 21 /09 /Sep /2014 17:14

Le Diable est son ami. Il traverse ses romans, s’y installe, les habite, propose ses formes aléatoires : le Diable lui-même, dans les Dialogues avec Satan ; le Diable en filigrane, dans Monsieur le Curé ; le Diable en personnage, dans Erik Le Rouge ; le Diable en pleine croissance, dans L’Avenir est notre poubelle. Et le Diable entre fous, dans l’opus du même nom.


Dans une longue partie de ping-pong dialectique, Jean-Luc Coudray a fait du Diable le compagnon d'un Dieu omniprésent dans ses ouvrages, une pure transcendance. Par dessus le filet, chacun se penche sur la banalité des existences humaines désormais incapables d’accéder à l’universel autrement que par l'affirmation de leur banalité. L’homme banal se rend aveugle au sublime de sa nature pour en accepter docilement les formes domestiquées par les usages et les réseaux sociaux. Des hommes en bonne santé à l’horizon étroit, aux idées mesquines, aux ambitions réduites. Humanité idéale ? Humanité stérile ? Chacun tire la raison à soi.


L’homme sans Dieu a fait de son portable un Dieu infiniment petit, infiniment puissant, inaccessible à la prière, prompt à la commande. La Nature n’est plus pour l’humanité technologique qu’un décor naturel, localisé par GPS ; le monde, un condensé de panneaux solaires, de mouvements d’éoliennes, le retraitement des eaux usées. Dans les livres de Coudray, l’homme ordinaire ne sait plus puiser en soi la puissance créatrice qu’il a déléguée aux machines.


De là le goût de cet auteur pour le dialogue, la saynète discursive, la parabole édifiante, mais toujours doublé d’une ironie subtile, précise, percutante, qui marque d’une cohérence et d’une tonalité inédite son système narratif. Dans les récits de Coudray, l’imparfait tient en respect le passé simple. Le moment de la contemplation l’emporte ainsi sur les avancées du récit, toujours un peu anecdotique dans ses partis pris : Dieu, Diable, l’homme naturel ou cette magistrale réappropriation du mythe de Robinson (Les deux îles de Robinson). Les histoires de Coudray ressassent des thèmes simples et solides (la vie, la mort, l’amour, le sexe, l’argent, Dieu), roulés et rebattus par le langage. Son corps avait la raideur et la finition d’un parapluie fermé. Qu’on ne se méprenne pas. Les livres de Coudray assument pleinement leur fonction narrative ; la machinerie romanesque y est d’une efficacité d’autant plus redoutable que l’auteur en projette les divers éléments sur une toile de fond à la fois changeante et mobile, traditionnelle et convenue. Nous regardâmes quelques instants la cacophonie des visages et des corps. Il y a du Girard dans Coudray. Du Chevillard attendri.


De sorte que lire Coudray est plus qu’une aventure romanesque. La parabole et l’aphorisme se disputent le devant de la scène. À tout moment, le moraliste cède la parole à l’ironiste pour faire dérailler sa logique austère et en récupérer les paradoxes : Il faut revenir à la purée. Penser mou. Contrairement à ce que l’on croit, la folie n’est pas confusion mais excessive clarté.


Ou encore :

Plus ils font mal et plus ils se ressemblent. Les cathédrales sont différentes mais leurs ruines identiques.


La beauté inventive et la précision de l’écriture font de
Coudray un classique d’exception pour notre siècle en manque de grâce. Chaque livre, avec ici et là des préférences, dont ce bel Entre fous que nous offre L’Arbre vengeur, est une danse de l'intelligence sensible. L’esprit se dresse sur la pointe du pied, le lecteur prend appui, s’élance, retrouve la foi au-dessus de la page, la phrase le porte et le soulève par sa puissance tendue, et voici un lecteur virevoltant sur la corde élastique d'une phrase imprimée, petit rebond, petit rebond, et à nouveau petit rebond toujours plus grand. En librairie, ouvrez le livre aux chapitres 20 et 32. Il est question dans le premier d’un Chinois sans Chine, dans le second d’un homme sans éditeur. Ouvrez le livre et lisez au hasard, sans souci du récit, loin de toute signification, sens en alerte :


Je choisis dans le parc un arbre si vaste qu’il débordait ma capacité de perception.


Si la phrase vous déborde, achetez. Il n’est pas interdit de faire délire commun.


Depuis Erasme, la folie parle d’or. Les fous sont nos meilleurs alliés contre nos pensées tristes et nos lubies stériles. Vivre n’était possible qu’en échouant neuf heures par jour. Voici la pensée triste d’un homme qui ne sait plus suivre sa pente, qui la remonte chaque jour comme une horloge. Vivre est possible à condition d’accepter l'usage poétique du langage. Voilà pourquoi cette pensée triste est aussi drôle et belle. Vivre est involontaire : on ne peut faire qu'autrement. 


Au-delà de la satire des mœurs de notre époque, en partie mœurs d’autres époques, le livre de Jean-Luc Coudray élabore en creux un traité littéraire. Multipliant les formules sur la figure de l’artiste, faisant du fou la représentation idéalisée de l'écrivain, Coudray rappelle dans un rapprochement saisissant que l’art contemporain a pris l’habitude de plaquer sur l’œuvre un commentaire extérieur, sans relation avec l’œuvre commentée. Or, si rien n’interdit qu’un bout de craie fasse sens et œuvre, en littérature, c
est le discours qui doit faire œuvre, pas le bout de craie. À la manière de lartiste contemporain, lécrivain est devenu lexégète de soi-même. Son bout de craie a remplacé lœuvre.    


De son côté, en quête de lui-même, inaccessible à l’autre en soi et hors de soi, le lecteur s’est forgé une identité à l'identique. La littérature actuelle lui tend à sa demande le miroir plat d’une image de lui-même en autre aplati, identique à chacun, ne ressemblant à personne. Ce lecteur aplati ne semble plus capable d
appréhender les œuvres littéraires – anamorphoses et singularités ne ressemblent plus assez à la banalité de sa tristesse. Des dizaines de milliers de lecteurs recherchent ainsi, dans la fabrique du romanesque mondialisé, le visage uniforme d’eux-mêmes et des autres. Indiscernable dans le miroir, chacun devient fou d’une folie plate dans laquelle il est impossible de reconnaître les formes étranges et surprenantes de la littérature, désormais réduite à une histoire : la sienne. L’étrangeté lui échappe, et avec elle, l’altérité possible. Le lecteur pétrifié reste lecteur de lui-même dans un miroir où change la signature des miroitiers : Lemaître, Echenoz, Kerangal, Foenkinos, Rosenthal, Gaudé, Carrère, Adam, Reinhardt, Musso – l’écart n’étant plus significatif au regard du résultat. Un lectorat au « visage simplifié » fait masse et figure uniforme au contact de noms interchangeables. Badoit ou Perrier. La question n’est même plus posée.


Le désir de lecture, qui autrefois se nourrissait d’un manque, est devenu une aspiration chimérique : le manque manque.
Le manque n'est plus. Il a été comblé à l'identique. L’artiste fabrique un objet qu’il soumet au ressenti du public. Le ressenti s’impose et ne se discute plus. Le débat littéraire est clos. Des flocons fatigués tombent sur la page blanche. Le mégaphone de l'écrivain et la mégalomanie de l’artiste l’emportent sur la déraison littéraire débattue entre fous acharnés. Le fou se rassoit, le chat reprend sa place sur ses genoux. Un peu seuls ces temps-ci. 


–      Et vous comptez faire fuir combien de lecteurs avec vos clochettes ?

–      Tous. Les autres vous sont acquis.
–      Une seule raison de lire ce livre ?
–      La reliure.


Jean-Luc Coudray, Entre fous, L’Arbre vengeur, 2014


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Vendredi 19 septembre 2014 5 19 /09 /Sep /2014 00:27

Je me garde bien de reproduire ici l'article intelligent de Santiago Artozqui sur les Vingt sonnets à Marie Stuart, « Traduire un poème », dans le tout dernier numéro de la Quinzaine littéraire de septembre 2014 (n°1112). Vous pourrez vous le procurer en kiosque & par abonnement. N'ayez pas honte de votre ignorance. Doublez la mise. Ici la brosse sert à relire.

Ça vous changera des chausse-pieds de la blogosphère et de son vernis lettré. 

  


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Jeudi 18 septembre 2014 4 18 /09 /Sep /2014 10:09

Inutile de nous faire oublier plus longtemps. Aménageons la chaise et le clou.

 

Paris ne change pas
Claro s’est converti au flocon fatigué
La traite des blanches se poursuit à Bakou
Ils ont mis au travail les enfants
(Casas Ros, Bonnargent)
Les petits éditeurs sont toujours militants
accrochés aux branches

 

Tombeau miroir.

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Lundi 18 août 2014 1 18 /08 /Août /2014 01:35

stroke_greek_upsilon_gestureworks-1---copie.jpg Le mystère s'épaissit.

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Dimanche 17 août 2014 7 17 /08 /Août /2014 10:29

Revenons à la traduction. Rêvons-en. Comment éviter le double écueil de l’infidélité et du mensonge ? la première à l’égard du texte, le second à l’encontre du lecteur ? Après murges réflexions, l’évidence : la reproduction scrupuleuse du texte à l’identique est la condition et la méthode d’une traduction parfaite. Prenons ce vers déjà cité et comparons les deux versions.

 

Le texte original d’abord :

« o, częstochowskich rymów jasnogórska potęgo ».

 

Le texte traduit ensuite :

« o, częstochowskich rymów jasnogórska potęgo ».

 

La langue d’arrivée, parfaitement identique à la langue de départ, préserve à la fois le mystère et la fidélité linguistique. Ce que le lecteur perd en compréhension lui est rendu en puissance poétique. Le poème ainsi traduit n’est plus prisonnier d’une exactitude approximative suscitant le dépit du lecteur scrupuleux, il est le poème même dont la beauté d’une langue à l’autre est contenue dans la langue même. 

 

Identique à lui-même, un Polonais aura une perception tout autre du résultat. C’est pourquoi les poètes polonais évitent de se traduire en polonais.   

 

En revanche, le locuteur français, lecteur de surcroît (les deux étant parfois inconciliables), considère que tout poème – comme tout polonais – est d’abord d’incompréhension, ensuite d’approches et d’approximations fécondes (la ressemblance des formes invite aussi à la prudence, un Polonais étant de prime abord un Français comme tout le monde). Ainsi Rymów sent la rime à plein nez (inutile de traduire : plein nez est polonais). 

 

De sorte que le lecteur français, locuteur de surcroît, est face à une alternative sans choix : comprendre qu’il n’y a plus rien à comprendre dans un texte littéraire et enfin admirer la langue traduite à l’identique dans le mystère impénétrable du texte original.


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Samedi 16 août 2014 6 16 /08 /Août /2014 00:05
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Vendredi 15 août 2014 5 15 /08 /Août /2014 18:57
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Jeudi 14 août 2014 4 14 /08 /Août /2014 12:59

Je lui accorde tout en tant qu’âne, rien en tant qu’auteur.

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Mercredi 13 août 2014 3 13 /08 /Août /2014 12:54
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Mardi 12 août 2014 2 12 /08 /Août /2014 12:51

La vie est plus fertile que la littérature mais la littérature plus excitante.

 

Je ne vois pas comment la mort pourrait remplacer la vie ; je vois très bien comment elle la prolonge.

 

J’ai toujours préféré la béquille à la grammaire.

 

Etc.

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Samedi 9 août 2014 6 09 /08 /Août /2014 16:41

Voodoo doll1

Donne libre cours à ton imagination.

Voodoo doll2

Pense à ton écrivain préféré.

voodoo doll4

 

Ça marche aussi sur les petits éditeurs militants (+ tous les membres de leur famille).

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Vendredi 8 août 2014 5 08 /08 /Août /2014 00:05

Le roman est une imposture. La vie se lit sans se répéter.

 

Scène effarante dans La Recherche. Pour faire enrager son père, le petit Marcel couche avec sa grand-mère : « Toi, tu couches bien avec ma mère ! »

 

Je suis persuadé qu'une langue étrangère élargit la vue, surtout celle qu'on ignore. Vas-y, lance-toi : « o, częstochowskich rymów jasnogórska potęgo ».

 

J’imagine la vie du lecteur condamné aux péripéties des romans qu’il lira en septembre. Aux péripéties et à leur syntaxe.

 

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Jeudi 7 août 2014 4 07 /08 /Août /2014 00:54

Faites connaissance avec Jean-Foutre.

 

Jean-Foutre publie des livres. Jean-Foutre est militant. Jean-Foutre exècre La Librairie en Ligne où il s’empresse d’ouvrir un compte de Jean-Foutre.

 

Jean-Foutre fait imprimer ses livres dans les pays où une main-d’œuvre tondue lui garantit le meilleur prix.

 

Jean-Foutre le mérite bien ! Ses livres le méritent bien ! D’une pierre deux coups, vacances de Jean-Foutre : Jean-Foutre en Croatie, Jean-Foutre en Bulgarie, Jean-Foutre en Slovénie, Jean-Foutre en Lituanie. Jean-Foutre fait travailler les pauvres pour le service des riches. 

 

Jean-Foutre est sans frontières parce qu'il est sans scrupules. Jean-Foutre est libertaire. Jean-Foutre a troué sa poche droite ! Jean-Foutre donne des leçons de parcimonie politique. 

 

Jean-Foutre croit dur comme fer que ses livres mal collés assureront la survie des espèces.  

 

– Quoi mieux qu’un livre de Jean-Foutre pour répandre des idées de Jean-Foutre sur l'émancipation universelle !

 

Unliv remal collé dansu neEurope de seconde zone est une arme de Jean-Foutre.    

 

Jean-Foutre a des amis tout aussi bien armés dans la presse de Jean-Foutre (Le Mat pour foutre les anjes principalement).

 

Jean-Foutre est bien conscient que les Jean-Foutre indépendants sont des Jean-Foutre aussi incohérents que lui : ils lui retournent ses livres avant de les avoir vendus.

 

– Gros Jean-Foutre comme devant, Jean-Foutre restera militant !

 

Et c'est pourquoi jusqu’à sa mort Jean-Foutre chantera la gloire Du livre et de La Jean-Foutrie indépendante.

 

Depuis toujours, Jean-Foutre suit ses inclinations.  Jean-Foutre adore la chaîne du livre, bondage, fouet, cumshot, Jean-Foutu par derrière, Jean-Foutu par devant ! 


Jean-Foutre est un éditeur excitant (un peu mélodramatique peut-être).  

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Mercredi 6 août 2014 3 06 /08 /Août /2014 13:01

Ce blog sera mon purgatoire sur terre, votre sanisette apéritive.

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Mardi 5 août 2014 2 05 /08 /Août /2014 12:35

Si nombre de libraires sont des passeurs, très peu affichent le prix de la pipe (avec ou sans carte de fidélité).

 

En vérité, le silence des critiques littéraires à l’égard de nos livres relève d’un choix nécessaire : Bergounioux, Michon ou Kerangal sont les meilleurs représentants des Lettres françaises. Ils nous en nourriront pendant encore trente ans.

 

Avez-vous remarqué que béchamel est l’anagramme exacte de Jean-Echenoz ?  

 

Je crains que notre amour tragique pour Le Matricule des fanges ne passe inaperçu dans les annales de ce journus.

 

La délicatesse est la chose immonde la mieux partagée. Tout le monde se la refile.

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SOUS LES FEUX


Perrine

LE QUERREC

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Correspondance avec l'ennemi
de Christophe Esnault (automne 2014)

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de Jules Vipaldo (mars 2015)

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