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BRODSKY LDDP LIVRE PETIT    

Vingt sonnets à Marie Stuart
Joseph Brodsky

Février 2014
Postface d'André Markowicz
L'Anagnoste (Zoé Balthus)
3* au Nouvel Obs
À la librairie du Globe
Chronique

Le Rideau
La République des livres

LE-PLANCHER LDDP LIVRE




Le Plancher

Perrine Le Querrec
avril 2013

Graver la folie

 

 

DACHAU-Arbamafra LDDP LIVRE-PNG

Dachau Arbamafra

Le Golvan

mars 2012

Reconquérir Dachau
  isabelle-a-m-en-disloquer-esnault


Isabelle, à m'en disloquer

Christophe Esnault
avril 2011

Solian mon amour

Balzac-revient-Livre

 



Balzac revient

Kol Osher

novembre 2010

Va pachyderme !  
  margeoccupee LIVRE


Marge occupée

Jean-Charles Lévy
avril 2010

Panique et pique-nique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BLOG DES ÉDITIONS

Vendredi 25 juillet 2014 5 25 /07 /Juil /2014 12:53

Je n’aurais peut-être pas dû enterrer la hache de guerre aussi longtemps. Elle a fait des petites.

 

Le cadavre putréfié de la littérature est un très bon terreau. Moins azoté pourtant que les livres hésitants des petits éditeurs militants.

 

Où porter toutes nos haches maintenant ? Dans quels dos ?

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Jeudi 24 juillet 2014 4 24 /07 /Juil /2014 12:52

Ce n’est donc pas la faute du peuple s’il demande des sottises, mais bien celle des auteurs qui ne savent pas lui donner autre chose.

 

Le constat est de toutes les époques.

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Mercredi 23 juillet 2014 3 23 /07 /Juil /2014 15:00

Je ne savais pas. Pouvais-je m’en douter ?

 

Je viens de lire le journal lyonnais Hippocampe (je lirai un jour la revue). Ils sont cul et chemise avec Attila et Le Tripode. On dirait une annexe du Matricule des granges.

 

Compte rendu.

 

La première page affiche l’extrait indiscernable (Canada dry ou littérature) d’un nouveau livre de Robert Alexis, qui habite Lyon. J’ai lu l’extrait. Je l’ai donné à lire. Je l’ai relu et donné à relire. Silence et affliction. De la littérature pré-éjaculatoire à l’intention d’une bourgeoisie qui ne s’est jamais remise de sa découverte entre douze et treize ans du Grand Meaulnes et du Rolla de Gervex.

 

Notre cerveau n’est-il qu’un pot de rillettes ?

 

Le journal prend le temps d’une œillade travaillée à l’adresse du lecteur, dont on connaît la volatilité des goûts et la paralysie du jugement. Le « manuscrit explore les thèmes de son premier roman La Robe ». J’avais jeté un œil sur la Robe d’Alexis, histoire de tâter à mon tour l’étoffe moelleuse de l’année 2006, que Corti publiait. Quatre ou cinq pages, quelques plongées supplémentaires, et retour sur la table du libraire, indépendant selon la règle. Un livre qui ne vous happe pas comme un vieux cannibale a-t-il un avenir ? (Nous y reviendrons.) C’était pour moi de la dentelle dans un style propre, inspiré d’un vieux fonds romanesque, d’un âge décoloré, psychologie, mystère, un brin de romantisme, des allusions pour les khâgneux, vision orthopédique du désir, abondance de tournures sobres (le cliché est la modèle admis de la contrefaçon). L’écrivain vit à Lyon, cultivant son jardin, le mystère, ses rentes, sa production. Je ne serais pas surpris de découvrir un jour le nom du directeur de l’Hippocampe (ou l’un des rédacteurs) sous la robe de Robert Alexis.

 

Nous sommes coincés entre les professeurs et les premiers de la classe. Les articles sont des dissertations prudentes. Elles seront bien notées. La pensée commence par des généralités (« En France, on ne sait pas lire les formes brèves ») et se termine par une morale prophylactique (« S’extraire de l’univoque est essentiel pour lire le mieux possible »). Comme ces khâgneux sont démocrates, on aura droit pour clore l’article à une chanson de Jean-Echenoz, mascotte de cette génération.

 

Le reste du journal, les césures brêles (pièg-es / appara-it / dérang-er), les choix, les écritures m’ont paru relever d’un sérieux triste, d’une volonté de faire bien ses devoirs. Les coquilles néanmoins sont marantes : Thierry Gillubœuf y perd un grec. Vu la raideur de l’ensemble, je me suis demandé si ces dérapages n’avaient pas pour fonction de fouetter le surmoi de critiques dont les lapsus seraient aussi les hontes. On sent la culture vaste de rédacteurs que rien ne vient distraire, pas même l’envie de se construire une identité. Tout cela est louable au prix d’un SP.

 

Ma cervelle a enfin tressauté à un article qui se collette à l’œuvre au mur comme espace de désir plutôt que de contemplation, au titre justement accrocheur : « Plonger dans le mur ». La personne qui le signe a su trouver le mouvement juste pour saisir son objet : « Non, une cimaise n’est pas qu’un efficace outil de rangement », (Nina Léger). Je l’en remercie. Cela valait le temps passé à enfourcher cet Hippocampe.

 

*

 

Je n’ai aucune certitude, juste des affirmations. J’hésite encore sur les identités. Je suis en revanche certain que ce qu’écrit Casas Ros aurait pu l’être par Bonnargent. Le comique de sa prose est si réjouissant que je vous recommande ce rire à 2,50 €.

 

Il aurait fallu tout citer de l’article consacré à Felipe Polleri. Casas Ros commence par faire l’inventaire de tout ce que contient le livre. J’ai dû faire des choix douloureux.

 

1. « Il y a un manuscrit : Baudelaire, qui est un véritable personnage. Il y a une valise. Il y a des pièges mystérieux tendus à l’auteur qui sont les pièges même de l’écriture. Il y a un cadavre, des rues qui se dérobent, (…), le chant des colibris guillotinés. Des tigres, des dragons et des éléphants-cocodiles traversent les pages qui vous happent comme un vieux cannibale affamé. »

2. « Et puis il y a cette fameuse valise qui veut suivre sa propre direction et qui refuse de se laisser traîner et qui contient toutes les idées de Polleri. »

3. « Pour jouir de ce texte, il faut déposer l’esprit figé dans une consigne. »

 

 

La parenté entre les écritures m’a semblé évidente. Dans les deux cas, le lecteur est saisi par le goût prononcé des deux auteurs pour l’énumération paraphrastique. Un livre qui se résume si bien à la somme de ses composés a le mérite de dispenser de sa lecture. Autant de temps sauvé pour les suivants dépotés au même moule. D’emblée la cohérence s’impose d’une citation à l’autre. Le cannibale mange des cocodiles (¿Qué es esto?), Felipe Polleri a ses idées dans une valise, l’esprit figé est déposé à la consigne.

 

En quelques phrases audacieuses et piquantes, slogan de la maison qui confie ses précieux livres au talent d’Antoni Casas Ros, Bonnargent transparaît – en vrai ou faux qu’importe. Il transparaît. Et son style pour une fois sibyllin emporte le lecteur illico, ma non troppo (on rit quand même), vers d’autres plages où se faire dévorer par des cannibales vieillissant déguisés en valise consignée.

 

(Je ne suis pas certain d’avoir la bonne clef pour récupérer le lecteur.)

 

Je ne sais pas ce que pensera Polleri de ce zoo. Je n’ai pas lu son livre. L’envie m’en a soudain passé. L’éditeur propose sur son site un entretien avec l’écrivain. En voici deux extraits :

 

Qu’est-ce que tu aimes faire dans la vie ?

L’amour. Et écrire c’est aussi faire l’amour. Bien entendu, la haine ne me déplaît pas, même si elle a mauvaise presse. Elle ne s’oppose pas à l’amour, mais le complète. Ce sont les deux faces de la même pièce de monnaie. La rage est ma muse. 

L’écrivain peut-il écrire tout ce qu’il veut ?

Il ne doit plier devant rien. Il doit tout oser, sans hésiter. Un écrivain est un mal sauvage.

 

 

Au lecteur courageux de dire si ce Baudelaire de Felipe Polleri a tenu la promesse du cannibalisme.

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Mardi 22 juillet 2014 2 22 /07 /Juil /2014 20:09

Notre époque de nabots se cherche un Don Quichotte.

 

(Elle va finir par le trouver.)

 

Je viens de recevoir le journal Hippocampe – beau journal, là n’est pas la question. Contrairement à mon habitude de ne pas donner suite aux demandes de SP, j’avais envoyé un Brodsky à Thierry Gillybœuf qui désirait en parler à l’occasion du lancement estival d’une chronique consacrée à la poésie. Va donc pour un Brodsky. (Il se vend bien merci.) Va donc pour une chronique estivale. (Il se vendra mieux.)

 

Je reçois le journal gracieusement (il se vend bien aussi) et je lis la chronique.

 

Un bras, deux bras. Au troisième c’est l’accroc. Nique ta chro- !

 

Mon pied n’a fait qu’un tour : botter le cul de l’hippocampe, lui foutre au cul sa propre feuille de chou, qu’en se torchant un feu au cul l’éclaire !

 

C’est pas croyable, ce ton de bénitier chez les critiques, les écrivains, les traducteurs, les recenseurs, les intellos précarisés par le désir de distiller l’intelligence après l'avoir désincarnée. Les types te disent qu’ils veulent ton livre, qu’ils veulent écrire un truc pour en parler. Un truc perso. Un truc qu’ils ont à dire. C’est une idée. Une excellente idée. On les sent motivés. Vas-y, fais-toi plaisir, écris de l’inédit et compose ta chronique en poète.

 

Mais là, mon pied à nouveau part dans l’hypocul de l’hippocampe, et zou la planche molle escortée par elle-même finit au barbecue. Rends-toi utile, noir hippocampe !

 

– De quoi s’agit-il donc, qui vous agite ainsi ?

 

De quoi ? De ça. D’une part, Brodsky se trouve coincé entre deux poètes tartignoles qui prennent la poésie pour du taffetas et brodent à même le saint suaire de leur niaiserie :

 

Le croc est mon sommeil
Le piège mon étincelle
Je danse sur le repli du monde

 

(Je danse sur le repli du monde : faut-il être nabot ! Personne ne t’oblige à répandre l’urine de ton âme. Dis pardon à Brodsky !)

 

Puis neuneu 2 lui donne et le répons et le surplis :

 

Je cherche dans mon enfer
la guitare triste de la ténèbre
cette haute chasuble verte
l’immobilité qui vient par nappes
l’abeille du sommeil le feutre et la clarté

 

(La guitare triste de la ténèbre ! Ces gens écrivent comme si Maurice Carême n’avait jamais commis ses crèmes solaires.)     

 

Pour faire passer l’hostie, Gillybœuf verse dans l’oreille gauche du lecteur « le silence qui protège le poème » et, dans l’oreille droite, « la fragilité de l’homme (…) son lien hypnotique avec l’éternité ».

 

Et te voilà payé en monnaie d’hippocampe, lecteur, grosse commission bénite.

 

En amont, les deux poètes sacerdotaux ; en aval, une énième anthologie d’Attila József, au Temps des Cerises, histoire de célébrer la petite édition militante, Le Mendiant et la beauté, les cerises et le cerisier, rosa et rosae (je vous fiche mon billet que le titre est de l’éditeur). Il y a des gens très bien qui lisent deux livres de poésie par an, ne les décourageons pas. La revue Hippoppocamcampe leur est destinée. Au passage Gillybœuf, hyper à son affaire, signale aux ignorants déconnectés qu’il s’agit « du grand poète hongrois », qu’il surnomme ensuite dans un envol hippique « le pur-sang rimbaldien de la poésie européenne ». (Mets les gaz, Pégase : Il n'y en a pas d'autre !)

 

D'autre part, quel sens donner à une recension aussi sommaire ? S’il s’agit de signaler les nouveautés, Le Matricule des ânes (où trotte aussi Gillybœuf) a trouvé la recette : il donne en première page la liste des publications, au lecteur de faire ses commissions. S’il s’agit de faire la réclame, une pleine page me semblerait requise (voir plus loin). S’il s’agit de proposer un regard inédit, voire inouï, un regard au minimum est nécessaire, de l’inouï et une plume inédite. S’agissait-il de résumer des livres sur trois colonnes pour un lecteur qui en plus les achèterait ? C’est raté. Je n’achèterai aucun des trois livres et il me reste quatre cents exemplaires du Brodsky à fourguer (il se vend bien merci).

 

Quel est donc l’intérêt de cette chronique sur Brodsky ? S'agit-il de se répéter d'un chroniqueur à l'autre ? Les livres ont-ils besoin de perroquets ? Gillybœuf est-il le perroquet de Brodsky ? Un traducteur n'est-il pas un artiste ? Pourquoi me demander un exemplaire d’un livre dont vous vouliez parler alors que vous n’avez rien à en dire ? Qu'est-ce qu'un livre sans désir ? Avez-vous été saisi par le côté « étrange, insolite » du projet ? Pourriez-vous nous en dire plus de deux mots ? Assumer pleinement une parole personnelle sans vous cacher derrière Borges et les poncifs que la critique lui prête ? Les livres intéressants sont ceux qui nous dépassent : ils sont plus grands que nous. C'est la règle. Au lieu de quoi, vos étroitesses prudentes : « La gouaille canaille, un brin shakespearienne » dont vous parlez témoigne surtout de votre lecture hâtive de l’ensemble ; elle est en plus déjà notée ici avec brio : «André Markovicz rend son Brodsky plus théâtral, shakespearien, à la douleur amère, gouailleuse

 

 

Qui voulez-vous faire connaître par vos pauvretés ?

 

Donner la parole aux intéressés, en publiant finalement la chronique admirable d’André Markowicz, aurait été moins fatigant et plus classieux. 


Je n’ai pourtant pas perdu mon temps. J’ai eu le plaisir de retrouver les deux cibles précédentes de ce blog, réunies sur une même page : un vrai carton ! Figurez-vous que L’Hippocampe, scindant la prose hémiplégique de Gillyboeuf, offre à ses lecteurs un article d’Antoni Casas Ros sur un livre traduit et publié par Christophe Lucquin Éditeur. Quand on lit Casas Ros, on découvre Éric Bonnargent. Les deux semblent les mêmes. Aucun hasard dans l’édition, que des mauvaises rencontres. Je ne sais pas si le livre en question est viable ou non. Lisant l’extrait, le pronostique vital m’a semblé mal barré. Je dis que nos conceptions de la littérature sont irréconciliables et que ce journal aux tonalités mitigées m’en fournit une illustration synthétique : de notre côté, la volonté intransigeante de faire exister des livres inédits au-delà de la stature de l’écrivain publié ; de leur côté, le recyclage de la poésie la plus haute aux coûts d’impression les plus bas. La vérité monte d’un coup d’aile jusqu’au symbole.  

 

 

Brouillons-nous vite avec ces gens.

 


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Jeudi 17 juillet 2014 4 17 /07 /Juil /2014 15:44

Fondé par Villemain et Bonnargent, L'Anagnoste vient de baisser le rideau. Je me réjouis de cette bonne nouvelle. Le lecteur attristé pourra retrouver Bonnargent dans les 52 pages du Matricule des ânes. À l’occasion d’un effeuillage récent de la revue en librairie, son nom m’avait frappé. « Tiens, me suis-je dit. Quel machin, ce Bonnargent ! » Inutile de vous dire que j’approuve ce recrutement. Éric Bonnargent a l’élégance de l’homme bien dans ses phrases, indifférent à la résonance des choses, au son des mots, le sens avant toute prose – au désespoir muet de son ami Villemain dont le français tout en biscotte est promis aux grammaires et aux clapiers scolaires. Naturellement heureux, bien décidé à le rester, Bonnargent fait confiance aux idées toutes tracées et aux poncifs universels. Ouvrant un livre, il ouvre une porte. Son clavier suit l'ordre alphabétique. J’avais lu d’un œil d’abord plein d’envie, puis rapidement bistré par la douleur, son Atopia, une sorte de chaussure vide à laquelle la paraphrase tenait lieu de chausse-pied : « Lorsque s’ouvre Le Feu follet, c’est l’Aube : Alain est couché auprès de Lydia, sa riche maîtresse américaine dans un hôtel borgne de Pigalle. » Bonnargent passe son temps à raconter : l’histoire, les personnages, les péripéties, les idées. Il les raconte, les re-raconte, puis cite pour illustrer. Sa paraphrase fait un double menton au texte commenté.

 

Son goût certain pour la clarté produit un effet paradoxal. La pensée de Bonnargent est fluide, sa prose est claire. Ses écrits sont pourtant boursouflés. Il leur manque l’exploration de formes inhospitalières, d'avoir tenté la ligne brisée. Rien de ce qui est torve ne lui est familier : dès qu’une idée part de travers, son esprit la redresse. Jamais son commentaire n’emprunte à l’original un peu de son relief. La littérature s’étend à l’infini de ses lectures : Bolaño, Dagerman, McCarthy, B. S. Johnson, Cossery, Brinkmann, Borges, Erofeiev, Gide, Onetti, Pessoa, Styron, Carpentier, Ionesco, Vallejo, Drieu la Rochelle. La liste en devient monotone. Le tri uniformise la pensée. Vue d'angle sur la plaine. Ouvrez Atopia presque au hasard : « Il me semble salutaire de distinguer la littérature ambitieuse de la littérature de masse (…) Ces textes ne sont porteurs d’aucune vision du monde et on les lit comme on va voir un film hollywoodien, pour passer un agréable moment, sans avoir à réfléchir. Il suffit de se laisser porter par l’intrigue. » Bonnargent invente d'abord la purée. « Mon intention en écrivant cet ouvrage était d’aider certains livres à exister pleinement. » Puis il invente le beurre dans la purée.

 

Bonnargent, mon ami, tant qu’ils n’ont pas d’idées précises sur la littérature, les gens sont des lecteurs respectables. Épargne-leur tes commentaires. Que tes citations soient le livre même. Il me semble que la littérature est portée par des ambitions presque toujours inaccessibles aux programmes de lecture et aux explications. 

 

Mes amitiés à ton patron.

Publié dans : Anagnoste
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Mercredi 16 juillet 2014 3 16 /07 /Juil /2014 23:51

Je me suis fait un nouvel ami. L’éditeur de la maison Christophe-Lucquin m’écrit. Enfin, écrit. Il ne semble pas avoir encore trouvé ni mon mail ni mon numéro de téléphone (cherche, petit mulet). Il m’écrit par personne interposée. C’est au rebond que je le lis. Sa prose m’a semblé mériter un public. En voici un extrait :

 

« (…) Votre éditeur a beaucoup d'amertume dans la bouche. Je le comprends, l'édition, c'est dur. Mais cela n'excuse en rien ce qu'il a écrit sur Christophe Lucquin Éditeur. Je sais aujourd'hui qu'une pseudo maison dont les livres ressemblent à une notice d'emploi de Freebox existe, mais pour moi elle s'appelle Les doigts dans le cul. (…) »


Les doigts dans le cul, nous y avions pensé pour une collection de textes pédagogiques. Il me semble aujourd’hui que les doigts dans le lucquin, les doigts et toute la main, seraient aussi appropriés. Du premier au second, la filiation est avérée. De l’audace. Du piquant. De la littérature. 

 

Je ne connais guère les éditions Christophe-Lucquin. Je me rappelle six mètres linéaires au salon de l’Autre livre, la rigolade, en novembre 2013, derrière lesquels une flopée de stagiaires (ou bien des figurants payés) habillés de tee-shirts à l’effigie de sa maison distribuaient des sacs frappés au même logo. 

 


logo_christophe-lucquin-editeur.png Joli logo d’ailleurs (le graphiste mange à sa faim).

 

 

 

 

Rien de bien grave. J’ai senti la démarche militante, petite maison dans la pairie, et le louable souci de vendre des sacs, des tee-shirts et des livres. Sinon, rien. En les ouvrant un jour en librairie, pour voir dedans, figurez-vous que j'ai trouvé la même tambouille : les livres sont imprimés en Bulgarie. Pas de quoi se doigter. En effet. D'autres collègues s'y mettent. Ça fait 200 € par mois pour l'ouvrier bulgare. Là encore, je comprends l’éditeur militant sacrifiant ses principes à la littérature. Il boira finalement la sueur d’autrui. J’en ai déduit qu’il s’agissait de livres indispensables, reliés sans fil pour défier l’avenir. J'ai signalé le fait ici.

 

Rien d’autre. Rien de grave. 

 

Je les lirai un jour. Les phrases mortes grappillées dans ses livres sont la promesse de billets à n’en plus finir.

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Mardi 15 juillet 2014 2 15 /07 /Juil /2014 10:40

Les personnes citées dans ce blog sont de pures extractions de la réalité ambiante et ne sauraient être tenues pour irresponsables des situations ridicules auxquelles elles se trouvent volontairement mêlées.

 

Mon intention n’a jamais été de blesser qui que ce soit. Me prenez-vous pour un maladroit ? 

Publié dans : Divers
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Lundi 14 juillet 2014 1 14 /07 /Juil /2014 10:39

Heureux les illettrés car le service de presse leur appartient – les illettrés, les filous, les Al Capone de la cause littéraire.

 

Voilà ce qui s'appelle un livre bien fait pour vous.

 

Il paraît que les mots androcée, apogée, athénée, caducée, camée, colisée, conopée, coryphée, écomusée, empyrée, gynécée, hyménée, hypogée, lépidostée, lépisostée, lycée, macchabée, mausolée, musée, nymphée, périgée, périnée, pongée, propylée, protée, prytanée, pygmée, scarabée, sigisbée, spondée, trochée, trophée, zée sont masculins alors qu’ils portent un e.

Cruche tassée restera féminin (on ne parle pas la bouche plein).

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Samedi 12 juillet 2014 6 12 /07 /Juil /2014 18:15

J’ai fait hier un rêve étanche : Maylis-de-Kerangal me fixait en silence, interdite et sans voix.

 

Le fait est aujourd’hui avéré : Godot est le nom d'un très-très vieux garçon de café. « Gribouillez donc entre les plats au lieu de perdre patience. »

 

Le monde est saturé d’histoires. Manque les mots pour les raconter.

 

– Dirait-on pas une crustacée ?

 

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Jeudi 10 juillet 2014 4 10 /07 /Juil /2014 13:15

Lisant vite, je lis sans attention, à seul effet de ventiler ce qui me reste d’esprit, passant d'un livre à l'autre, au quart de tour et sans attendre, au point de slalomer depuis plusieurs semaines dans les Carnets de Paul de Roux, entre cinq ou six autres livres, nez écrasé contre les pages, « Bienheureux celui qui connaît au moins l’inquiétude », et puis « Unamuno dit que ce n’est pas celui que nous croyons être ni celui que l’on croit que nous sommes mais celui que nous voulons être qui importe », c’est tout du long de ce panini-là, mords dans ton sandwich et laisse filer le paysage, un peu de Saint Mathieu, la lumière du Lorrain, Henri Michaux, Beckett, « les aspects tristement dérisoires de nos vies », on peut lire en fermant les yeux, vous avez lu une page vous les avez lues toutes, ça parle de choses comme ça et de regrets sans épaisseur, de la disparition de l’artisan, de l’amateur, des arts, du coup je glisse, zuip, tenir la page n’a plus de sens puisque tout est perdu, malgré Stiftert, Pachet, Abram Tertz – une excellente surprise – et puis Montaigne dressé comme une Sainte Geneviève – citer Montaigne dispense d’écrire, le lecteur vous suivra à l'œil. Je me pousse donc dans ces Carnets 2000-2005, j’irai au bout, pieds nus et retour à l’hôtel, j’achèterai les volumes précédents, du Bruit du temps au Temps qu’il fait, l’ennui tranquille d’une lecture digestive, « Je pense fugitivement au roman d’Henry James », celui que republie au même moment Le Bruit du temps, et moi, fugitivement, je vais chercher les cinq volumes anglais que j’avais lus dans les années 85-87, des Penguins desséchés par le temps, je vous l’ai déjà dit : Faites gaffe à vos reliures – Daisy Miller, The American, Washington square, The Portrait of a Lady, The Wings of the Dove, au hasard de la langue anglaise : « She couldn’t dress it away, nor walk it away, nor read it away, nor think it away ; she could neither smile it away in any dreamy absence » – c’est très beau cette souplesse de la langue en glaise (va traduire), et je retombe dans Paul de Roux plein d’une ardeur nouvelle, c’est peut-être ça le sens de ces carnets, de tout carnet, l’odeur de vieux bahut, parfois d’opération de la prostate : « Je me demande soudain comment vivent les hommes qui ne sécrètent pas de l’anxiété tous les jours de leur vie. » Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une. 

 

Pour l’écriture, André Blanchard, Autres directions, s’en tire avec une ironie d’avance, malgré une phrase qui cherche la chute, tuant ce qui en fait le prix : que le lecteur ne s’y attende pas. Or là, c’est le principe du toboggan, il pose son cul, il glisse, et aussi sec il remet ça. Parfois, l’auteur salue sur un bon mot, clin d’œil à gauche, clin d’œil à droite, les pieds dans le bac à sable. Malgré mes préventions, je fonce, soixante-dix pages d’avance sur Paul de Roux, la matière est pourtant quasiment la même, un vieux fonds de vieillerie arthritique, moins l'inquiétude métaphysique, Billy, Brenner, Bernanos, Cabanis, Sartre-et-Beauvoir, Maurras, Pétain, de Gaulle, Green, et des contemporains, des oubliés, les uns piochés dans les brocantes, les autres dans les vide-greniers. Il faut du courage et de la générosité pour lire ainsi, pêle-mêle, Bernard Frank et La Fille à lèvre d’orange de France Huser. Ce courage-là me scotche, je l’accompagne à la brocante le souffle suspendu. Et maintenant, à qui le tour ? Parfois, Blanchard te donne gratis des leçons de vocabulaire, on devrait dire comme ci alors que le type épinglé est pris en faute à dire comme ça + dentelles fines sorties toutes chaudes d'un atelier de repassage : J’eusse dû préciser que – gare à la fuite des gaz chez l'aristo désargenté ! Blanchard écrit cela tantôt sans rire, tantôt en clignant fort, en te poussant du coude : « (...) alcoolos, barjots, mafiosos – qu’on reconnaît à la dégaine qui marque mal et à ce regard fureteur, à la recherche du mauvais coup, fût-ce sur votre trombine. » (Le fût-ce fuse dans ce livre et le lecteur repart avec des tics.) Cette phrase sent la rythmique organisée : trombine a trop de gueule pour être honnête. C'est aussi de cela qu'il s'agit, de la portée de la satire. Blanchard en userait libéralement avec quelques célébrités, traits et flèches dans le derme et, selon la critique, se serait fait une confortable réputation de franc parleur, presque cogneur. Deux exemples. Todorov et Meirieu, « publicitaire du cartable à moitié plein », m'ont semblé être des cibles molles, visées sans enthousiasme, d'où les sottises grossières : Todorov et Genette auraient massacré l’enseignement de la littérature via leur vocabulaire barbare ! (Deleuze et Foucault ont-ils massacré la philosophie ?) L’attaque contre Michon est mieux sentie, quasi parfaite, découper le Michon en rondelles, lui faire passer son goût pour la littérature. Qu'on le transforme en saucisson sec. Blanchard est tendre, prudent peut-être, amusé sans doute, mais satiriste, faut voir : ses coups taillent dans le lard du vide. J'attends la suite. Permis de dézinguer

 

À raison de quelques pages d'une lecture décousue, je lis Blanchard avec plaisir, comme en visite chez l’antiquaire, grands bougeoirs, baldaquin, illustrations tirées de vieux journaux anecdotiques, parfois un jouet contemporain (BHL), je passe, touche à tout, n’achète rien. Blanchard pourtant trouve sa mesure dans plusieurs pages où la littérature rencontre l’histoire, sa spécialité : le Journal d’Hélène Berr, les Carnets de Kazimierz Brandys, Le Mémorial de Foch de Raymond Recouly. Il devient djinn. Et là, je vole.

 

Un jour, bientôt, Jean-Luc Sarré.

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Mardi 8 juillet 2014 2 08 /07 /Juil /2014 14:35

À quelques lettres près, j’aurais pu passer à la postérité sous le nom de David Markson.

 

Nous aurons bien le temps, plus tard, de rater nos vies.

 

Les personnages de roman acceptent-ils de bonne grâce la supercherie d’une existence qui leur donne l’illusion d’être en vie ?

 

Et le lecteur ? Que fait le lecteur pendant ses vacances ?

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Dimanche 6 juillet 2014 7 06 /07 /Juil /2014 15:35

Allez donc voir ici. J'y reviendrai.

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Mercredi 2 juillet 2014 3 02 /07 /Juil /2014 21:19

Ah ben, c’est chouette de me demander un SP, ça montre de l'intérêt pour les auteurs que je publie, notre travail, nos impressions, c’est bath, ça montre un sens précis de ce que c’est que l’édition, et puis me prendre pour Gallimard me fait vraiment plaisir, le bouffeur de SP est sympa, lire et choisir, monter les pages d’un livre, puis les faire imprimer, stocker et diffuser, visiblement ça ne lui coûte rien.

 

Le signe du vrai lecteur c’est la demande de SP, ça délimite son homme critique, ça vous décode l’intermittent du 100% payant, ça vous signale l’amateur de gratuit éclairé – Pourquoi payer ? – Ça ne vous coûte rien dans les deux sens : le gratuit est gratuit !

 

Car le lecteur d’SP aime bien vos livres, sa passion l’exonère, lui rend la demande chic, j’adôre veau livres, c’est bien ce que vous fêtes, file-moi tous tes SP, j’ai plus moyens payer lectures (Mais chier par le milieu de la figure, ça oui).

 

Le type ensuite te poste trois mots et vingt-cinq citations sur un blog racorni par les publicités, propulsé gratuitement à l'intention de 37 nases qui à leur tour viendront te demander – T’as du SP ?

 

(Les cons aiment bien se faire mousser puis te raser gratis.)   

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Lundi 30 juin 2014 1 30 /06 /Juin /2014 00:05

Retrouver chez un autre éditeur plusieurs auteurs refusés par mes soins me confirme dans mes choix : j’ai bon goût.

 

Je reste modeste, nez en plus : mon confrère recruteur a un sens du commerce beaucoup mieux affûté.

 

Les auteurs périmés aiment beaucoup l’imprimé.

 

Nous sommes jeunes nous aussi. Mais depuis plus longtemps.

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Dimanche 29 juin 2014 7 29 /06 /Juin /2014 17:50

Kiki Dimoula  / Κική Δημουλά 

Un poème en deux langues et trois propositions

[Αρχικό ποίημα]

 

Χαίρε ποτέ

 

Τελευταίοι χαιρετισμοί απόψε

ατελείωτοι οι δικοί μου που σου στέλνω

και χαίρε χαίρε του αποκλείεται

η θεία προθυμία να σ’ τους δώσει.

 

Λιπόθυμα σωριάζοντας βιολέτες

από το σφιχταγκάλιασμα του χλιαρού

καιρού το δικαιολογημένο

έχει από πέρυσι να τις δει.

 

Χαίρε συνέπεια λουλουδιών

προς την τακτήν επιστροφής σας

χαίρε  συνέπεια του ανεπίστρεπτου

τήρησες κατά γράμμα τους νεκρούς.

Χαίρε του σκοταδιού το σφιχταγκάλιασμα

που δέχεσαι το διακαιολογημένο

έχει να σε δει πριν τη γέννησή σου.

Χαίρε των ματιών σου η ανοιχτοφοβία

χαίρε κεχαριτωμένη υπόσχεση του ανέλπιστου

πως βλέμμα σου θα ξεθαρρέψει πάλι κάποτε

να ξανοιχτεί προς έντρομο δικό μου.

Χαίρε των ματιών σου  η ανοιχτοφοβία

 – της μνήμης το “ελευθέρας” να πηγαίνει

όποτε θέλει να τα βλέπει

αυγή χαμένης μέρας.

 

Όσο για σένα κόσμε

που καταδέχεσαι να ζεις

όσο έχει την ανάγκη σου η τύχη

για να καρπούνται τα δεινά

την εύπορη αντοχή σου,

που εξευτελίζεσαι να ζεις

για να σου πει μια καλησπέρα

το πολύ κατά τον διάπλου

ένα εγκαστρίμυθα

ολόγιομο φεγγάρι

τι να σου πω

χαίρε και συ.

 

(Ποιήματα, Ίκαρος, 1988)

*

 

[Traduction de Martine Plateau-Zygounas] 

 

Je vous salue jamais


Dernières Salutations ce soir
et celles sans fin que je t’adresse
je vous salue hors de question
divinement empressé de te le donner.


Les violettes évanouies s’effondrent
sous l’étroit enlacement bien légitime
de la tiédeur du temps
resté un an sans les voir.


Je vous salue esprit de suite des fleurs
pour votre retour régulier
je vous salue suite du non retour
vous avez suivi à la lettre les morts.
Je vous salue étroit enlacement des ténèbres
admettant la légitimité
elles ne t’ont pas vu d’avant ta naissance.
Je vous salue peur de s’ouvrir de tes yeux
je vous salue promesse pleine de grâce de l’inespéré
que ton regard s’osera à nouveau un jour
se rouvrir sur le mien terrifié.
Je vous salue peur de s’ouvrir de tes yeux
– le « laissez-passer » de la mémoire pour aller
les voir quand elle veut
aube d’un jour perdu.


Quand à toi monde
qui acceptes de vivre
tant que la fortune aura besoin de toi
pour que les maux soient fécondés
de ta résistance fertile
qui t’avilis à vivre
pour que te dise tout au plus un bonsoir
lors de sa traversée
une lune ventriloque toute pleine
Que te dire
je te salue aussi.

 

 

(in, Du Peu du monde et autres poèmes, La Différence, Collection Orphée, 1995)

*

[Traduction de Michel Volkovitch]

 

Je te salue jamais

Derniers Saluts ce soir
ceux que je t'envoie n'ont pas de fin
pas plus que mes saluts salut à Pas question
que les transmette la divine diligence.


Tournant de l'œil s'effondrent les violettes
que le temps tiède a trop étreintes
c'est légitime il est resté
sans les voir depuis l'an dernier.


Je te salue assiduité des fleurs
assurant votre retour périodique
je te salue assiduité du sans retour
tu as suivi à la lettre les morts.
Je te salue étreinte des ténèbres
qui accueilles le légitime
elles ne t’avaient pas vu depuis ta naissance.
Je te salue inespéré promesse pleine de grâce
qu’à nouveau ton regard trouvera l'audace
de s’avancer vers le mien terrifié.
Je te salue refus d'ouverture des yeux
— laisser-passer de la mémoire
pour que vienne les voir quand elle veut
l'aube d'une journée perdue.


Quant à toi monde
qui condescends à vivre
tant qu’a besoin de toi le hasard
dont les maux sont le fruit
de ta fertile résistance,
qui t'avilis à vivre
pour que te paie d'un bonsoir tout au plus
pendant sa traversée
une lune ventriloque et pleine
que puis-je dire
je te salue
toi aussi.

 

(in, Je te salue jamais, Cahiers grecs, Librairie Desmos, mars 1997)

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