Librairie

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Tandis que les manieurs de toupies désespèrent Billancourt avec leur manivelle alternative (Le salon de l’Autre même livre), les bonnes nouvelles abondent directement des Amériques : le nombre des librairies indépendantes a augmenté de 20 % dans ce pays depuis 2009. Espérons que leurs choix ne ressemblent pas à ceux des librairies françaises.

En décembre, c’était grève chez Amazon. De quel côté étais-tu, lecteur indépendant ? Du côté des colis ou des coolies ? Je t’imagine de gauche et démocrate, bercé par ton Libé : – Amazon, c’est quand même bien pratique pour recevoir dès aujourd’hui demain chez soi un nouveau frigidaire et des boules de rechange, pleine peau, sperme garanti sans additif. + Bombe de silicone offerte pour refaire les seins de ma fille. (Je suis un papa hyper moderne et sympa.)

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On lui fait tort injustement. Jeff Bezos n’est que l’heureux propriétaire d’une méga-librairie indépendante, la plus grande de toutes (frigidaire et littérature).

Des frigidaires chez mon libraire ! C’est une idée époustouflante pour relancer le goût de la lecture.

–       Tu le trouves comment le dernier Jean-Ro ?
–        Un événement ! Qui s’ouvre et se referme facilement.

« Le frigidaire éclairé : L’Autre manière de lire »

1267.

Allons plus loin. J’y pensais ce matin. Obligeons nos concitoyens à l’effort nécessaire. Faisons en sorte que tous prennent part au bénéfice commun. Rendons l’achat des nouveautés obligatoire chez nos libraires. Chacun sa part des livres produits. Que le partage soit égalitaire. Que nul n’échappe au désir de lire. Je réclame sur-le-champ 300 lecteurs pour le dernier Esnault ; 300 pour Perrine Le Querrec ; 600 pour le Brodsky. Que la loi aille chercher les volontaires. Le lecteur a besoin d’un collier.  Le problème est réglé. Au Parlement d’entériner mon humble proposition. Les baïonnettes seront nos critiques littéraires. L’homme est né libre et partout il vivra dans les livres. Chaque citoyen aura sa liste. Et nous aurons bientôt levé une armée de lettrés, le dos carré collé au mur.    

Vivement demain chez mon libraire !