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1286.

De là vient notre malheur. Personne ne nous oblige à publier des livres.

Tant de chaussures dans les vitrines. Que lire ?

Le pire étant toujours certain, j’ai acheté hier le dernier livre d’Éric Pessan, qui ne se vend qu’à l’unité. J’avance donc en ligne droite, mais à cloche-pied. J’ai le démon unijambiste.

Je l’ai acheté plus neuf que vif dans une boutique de livres d’occasion, à Angers, un peu honteux aussi de ne pas avoir payé au prix fort mon prochain forfait. Le feuilletant ce matin, je découvre un envoi – douce aubaine – à un certain Prénom commun Nom illisible, dont le premier mouvement aura été de s’en débarrasser. Ainsi vont les SP.

Sortie le 8 janvier, aussitôt dans les bacs à relire.

C’est l’histoire de David – une histoire faite pour moi – qui assemble les pièces du puzzle familial. Va ton histoire, petit mulet. J’ai commencé au trot et au hasard, par le dedans comme dit Blanchard, pour échauffer le lecteur sur son pied  : « Depuis quelques mois, le doute s’est mis à dévaster le monde… Buchenwald… Une histoire de tristesse qui fait place à la colère et de colère qui se dissout dans la tristesse… Je remercie la dame pour sa gentillesse… Lisbonne… En écrivant, je me rends compte que les romanciers nous mentent… Ma main coule vers ses fesses, timidement… C’est en réalisant que l’on ne sait pas saisir une main tendue que l’on comprend à quel point l’on a un problème… La vie n’est pas possible sans littérature… »

C’est formateur, les ateliers d’écriture. Le lecteur qui a reçu ce livre gratuit l’a revendu sans même l’ouvrir mettant un premier terme au doute qui nous dévaste.

Patience, les gars. Le cuir de ce démon ne sera pas long à damner.

(Ma main coule vers ses fesses beaucoup moins timidement que mon regard.)

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