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563.

Qu’on ne me dise pas qu’en fait de progression, je m’enfonce toujours un peu plus. Malgré la lourdeur des apparences, il se construit en moi et autour de moi un
être hybride, inscrit dans son décor, un héros tendu comme un projectile. Attendez un peu que ça parte. Laissez-moi donc le temps de l’assemblage, de tirer du capharnaüm ambiant les pièces
composites de mon destin. Je suis condamné à un certain bricolage, à un preux tâtonnement. Il y a si longtemps qu’on ne prophétise plus en ce monde que c’est à peine si on sait encore faire. La
mémoire des hommes elle-même peine à retrouver les gestes, les rites préparatoires sont hésitants. Madame Fleury, Marie-Christine, les nuisibles qui auront compliqué ma tâche, chacun aura pris sa
part d’initiation. Il en va comme d’une circoncision, le geste ne se hâte pas, il se laisse précéder de tout un tas d’agacements compliqués parce que nous revoici face à l’imbécillité binaire
d’un choix, une pauvre paire de possibles. Ou tu libères un juif du prépuce des humanoïdes réfrénés à tous les étages ou tu châtres un malheureux et tu en fais un agnostique teigneux.

 

Le Golvan, Dachau Arbamafra, Les doigts dans la prose (à paraître en mars 2012)

2 Replies to “563.”

  1. De Litteris dit :

    J’ai hâte… C’est très appétissant, cet extrait !

     

    Salutation gourmandes…

  2. Marilyn dit :

    Comment donc ? J’ai loupé l’annonce de l’arrivée du 4e ?? ça accroche…

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