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David Marsac redonne du sens à la critique en commentant le livre de Rémi Checchetto, Nous, le ciel, paru aux  Éditions de l’Attente, en 2008.

 

Lue en diagonale à la suite de la rencontre de l’auteur dans un train (Derrida venait de mourir), écartée trop vite pour le caractère répétitif de ses procédés d’écriture, l’œuvre de Checchetto est pour moi une redécouverte récente, précieuse, rare, joyeuse, entreprise à l’automne 2009 (Levi-Strauss mourait). Homme de théâtre, demeurant à Angers, Rémi Chechetto compose des textes visuels autant que sonores. Nous, le ciel, part d’une idée simple (« Le ciel est en l’air ») contemplée selon divers points de vue, multipliant les images et les confrontations entre un Nous terrestre plein d’aspirations et un Ciel, « toujours la même salade », qui nous ressemble comme deux gouttes d’eau – tombées très justement d’en-haut. Les répétitions minutieuses qui construisent les textes leur donnent un rythme aérien et dansant plutôt qu’incantatoire, au gré duquel surgissent les images fortes, tendres et insolites du quotidien de chaque homme vivant sous un ciel clément, inclément. Il existe des oeuvres dont la légèreté est une aubaine, une aube, une petite laine pour passer l’hiver. « Le ciel est quelque part au fond de notre boîte crânienne. »

 

En attendant le tram, l’amour ou la déclaration des impôts locaux, sous les pluies d’automne – avant le bel été de la Saint-Martin, je vous invite à lire ce livre de Remy Checchetto, que je place, sans l’assigner à résidence, entre Cendrars et Albert-Birot.